01
1994–1998
Seattle
Sonics
Full Court Pressure
Ils pressaient jusqu'à ce que le match cède
0
Titre
4
Années
Entre 1994 et 1998, les Seattle SuperSonics ont gagné 302 matchs de saison régulière.
Sur la même période, seuls les Bulls ont fait mieux.
Ils ont remporté un titre de moins que les Bulls, ce qui n'a rien d'anormal. Ils en ont aussi remporté un de moins que tout le monde, ce qui l'est davantage.
L'équipe était construite sur une idée simple et épuisante : ne jamais laisser respirer l'adversaire. Gary Payton défendait sur toute la longueur du terrain pendant quarante minutes, en commentant à voix haute ce qu'il faisait. George Karl doublait le porteur avant même qu'il ait franchi la ligne médiane. Le ballon récupéré partait immédiatement vers Shawn Kemp, et ce qui suivait finissait généralement dans les résumés du soir.
C'était le basket le plus spectaculaire de la décennie après celui de Chicago.
En 1994, premiers de la ligue avec 63 victoires, ils sont éliminés au premier tour par Denver, huitième qualifié. C'est la première fois de l'histoire qu'une équipe classée première perd contre une huitième.
En 1995, éliminés au premier tour à nouveau.
En 1996, ils gagnent 64 matchs, atteignent enfin la finale, et tombent contre les Bulls de la saison à 72 victoires. Ils perdent les trois premiers matchs puis en gagnent deux, ce que personne d'autre n'a réussi cette année-là.
La lecture facile est celle de l'équipe qui craque. Elle ne tient pas : sur cinq ans, ils ont perdu contre le meilleur cinq de l'histoire, contre les Rockets doubles champions et contre les Lakers de Shaquille O'Neal. Il n'y a pas de faille à diagnostiquer, seulement un calendrier historique défavorable.
Contexte
L'époque
Seattle a perdu son équipe en 2008, et ça change la façon dont on regarde celle-ci.
Les Sonics ont été déplacés à Oklahoma City après une bataille juridique et politique que la ville a perdue. La franchise avait quarante et un ans d'histoire, un titre en 1979, et un public parmi les plus fidèles de la ligue. Il n'en reste rien sur place, sinon des maillots verts et or portés par des gens qui n'ont plus d'équipe à soutenir.
Ces Sonics-là sont donc devenus le dernier grand souvenir d'une ville.
Le moment tombait bien. Le milieu des années 90 est le point culminant de Seattle dans la culture américaine : Nirvana venait de la région, le grunge avait pris la planète, Microsoft et Amazon commençaient à changer la ville. Une équipe rapide, bruyante et un peu insolente collait exactement à l'époque.
Gary Payton en était la voix, au sens propre.
Il n'a jamais cessé de parler sur un terrain, à ses adversaires, aux arbitres, à lui-même. C'était une arme et c'était un personnage, et il reste le seul meneur de l'histoire à avoir été élu meilleur défenseur de l'année.
Une ville qui n'a plus d'équipe garde ses joueurs plus longtemps que les autres.
Les joueurs
Les architectes
Les joueurs qui ont défini cette ère.
02
Shawn Kemp
03
Detlef Schrempf
04
George Karl
Philosophie
Le système
Une défense de tout-terrain, agressive dès la remise en jeu, conçue pour transformer chaque possession adverse en urgence. Gary Payton harcelait le porteur sur quatre-vingt-quatorze pieds et parlait sans discontinuer ; derrière, les prises à deux arrivaient de partout et finissaient en contre-attaque. Shawn Kemp était le point d'arrivée : le dunkeur le plus violent de son époque, sur une équipe qui courait tout le temps.
Le KeyArena, la pluie de Seattle, le grunge à la radio et l'équipe la plus athlétique de la ligue
Moments clés
Les matchs décisifs
Les moments qui ont scellé l'héritage.