SOTG
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19942000

Indiana
Pacers

Boom Baby

Il suffisait de neuf secondes

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Titre

6

Années

Défiler

7 mai 1995, Madison Square Garden, premier match de la demi-finale de conférence. Il reste dix-huit secondes et les Knicks mènent de six points.

Reggie Miller marque à trois points. Six secondes plus tard, il vole la remise en jeu et remarque immédiatement.

Il reste alors 13,3 secondes. Le score est égal. Il n'a pas encore fini : deux lancers francs plus tard, Indiana a gagné.

Huit points en neuf secondes. C'est l'action la plus célèbre de l'histoire de cette franchise, et elle est trompeuse si on la prend pour un accident.

Parce que les Pacers de cette décennie étaient construits exactement pour ça. Une équipe lente, qui contrôlait le rythme, qui acceptait de laisser un match se jouer à trois points d'écart dans les dernières minutes, parce qu'elle savait qu'à ce moment-là elle avait le meilleur joueur du terrain.

Reggie Miller ne courait pas vite et ne sautait pas haut. Il courait sans arrêt sans le ballon, ce qui est plus fatigant à défendre, et il tirait avec une mécanique impossible à contester.

Ils ont perdu quatre finales de conférence en sept ans. Trois contre les Bulls ou les Knicks.

Puis en 2000, avec Larry Bird sur le banc et Miller à trente-quatre ans, ils ont enfin franchi l'obstacle, pour tomber sur les Lakers de Shaquille O'Neal et Kobe Bryant. C'était la dernière chance et elle est arrivée trop tard d'un ou deux ans, ce qui est le résumé le plus honnête de toute la période.

Contexte

L'époque

Il faut savoir ce que le basket représente en Indiana pour comprendre cette équipe.

C'est le seul État américain où le sport scolaire dominant n'est pas le football. Les gymnases de lycée y accueillent parfois neuf mille personnes, dans des villes qui en comptent dix mille. Le tournoi lycéen unique, sans catégories de taille d'établissement, a produit en 1954 la victoire de Milan, cinq cents élèves, qui a fini par donner le film Hoosiers.

Une franchise professionnelle dans cet État hérite d'un public qui connaît le jeu mieux qu'elle.

Ça se voyait dans les choix de l'équipe. Indiana n'a jamais essayé d'être spectaculaire. Elle jouait un basket de fondamentaux, d'écrans et de tirs préparés, exactement celui qu'on enseigne dans les gymnases de l'État, et son public le lui rendait.

Le paradoxe, c'est que sa star était le contraire d'un modèle.

Reggie Miller provoquait, insultait, cherchait Spike Lee du regard, mimait un étranglement en direction du banc adverse. À New York il était le méchant absolu. En Indiana, on trouvait ça très bien, parce qu'un État qu'on regarde de haut apprécie qu'on parle fort à sa place.

Il a joué dix-huit saisons pour la même équipe et n'a jamais rien gagné. Sa statue est devant la salle.

Les joueurs

Les architectes

Les joueurs qui ont défini cette ère.

01

Reggie Miller

02

Rik Smits

03

Mark Jackson

04

Dale Davis

Philosophie

Le système

Un jeu lent et posé, organisé autour du va-et-vient permanent de Reggie Miller derrière les écrans, jusqu'à ce qu'un défenseur perde un demi-pas. Rik Smits offrait un poste bas fiable quand le tir extérieur ne rentrait pas, Mark Jackson ralentissait tout depuis le poste de meneur, et la défense faisait le reste. Une équipe conçue pour que les matchs soient serrés à la fin, parce que c'était le terrain sur lequel elle était la meilleure.

Le Market Square Arena puis le Conseco Fieldhouse, un État où le basket lycéen remplit des salles de neuf mille places