01
1988–1998
Utah
Jazz
Pick and Roll
Le même geste, dix-huit ans de suite
0
Titre
10
Années
Il y a une action de basket que John Stockton et Karl Malone ont exécutée à peu près vingt mille fois.
Stockton amène le ballon à droite. Malone monte poser un écran au-dessus de la ligne des lancers francs. Stockton passe l'épaule contre l'épaule, Malone pivote et plonge vers le panier, et la passe arrive.
Tout le monde savait. C'était annoncé sur le programme.
Ça n'a jamais rien changé, et c'est le sujet de cette page.
Le pick and roll existait avant eux. Ce que Salt Lake City a inventé, c'est l'idée qu'une action peut devenir une identité entière si on accepte de la répéter jusqu'à la perfection mécanique. Jerry Sloan, ancien Bad Boy de Chicago devenu entraîneur, n'avait aucun intérêt pour la nouveauté. Il voulait que ses joueurs soient placés au bon endroit à quinze centimètres près.
Ça a donné dix-huit saisons consécutives en playoffs pour le duo, le record de passes décisives de l'histoire pour Stockton, et le deuxième total de points de tous les temps pour Malone.
Et deux finales, en 1997 et 1998, contre la même équipe.
Ils ont perdu la première sur un tir de Michael Jordan à cinq secondes de la fin du sixième match. Ils ont perdu la seconde sur un tir de Michael Jordan à cinq secondes de la fin du sixième match.
Il n'y a pas grand-chose à ajouter, sauf que quelqu'un devait être là pour que ces deux tirs existent.
Contexte
L'époque
L'Utah n'était pas censé avoir une équipe NBA.
La franchise venait de La Nouvelle-Orléans, où elle avait pris le nom de Jazz pour des raisons évidentes, et l'a gardé en arrivant dans l'État le plus mormon du pays, où il ne voulait plus rien dire. C'est resté l'une des incongruités les plus durables du sport américain.
Salt Lake City était alors la plus petite ville de la ligue.
Ce que le marché ne pouvait pas offrir, la franchise l'a compensé par la fidélité. Stockton a joué dix-neuf saisons au même endroit, Malone dix-huit, Sloan en a entraîné vingt-trois. Dans une ligue où tout bouge en permanence, c'est une anomalie statistique presque totale.
Cette stabilité s'est vue sur le terrain, et elle a aussi eu un coût.
Ces Jazz n'ont jamais recruté la superstar supplémentaire qui aurait pu faire basculer 1997 ou 1998, parce que la superstar supplémentaire ne venait pas à Salt Lake City. Ils ont fait avec ce qu'ils avaient, plus longtemps que tout le monde, et sont arrivés à un tir près.
Une franchise peut construire à peu près tout. Elle ne peut pas se choisir une époque.
Les joueurs
Les architectes
Les joueurs qui ont défini cette ère.
02
Karl Malone
03
Jeff Hornacek
04
Jerry Sloan
Philosophie
Le système
Un écran posé au-dessus de la ligne des lancers, Stockton qui part vers l'anneau, Malone qui plonge derrière lui. C'est tout. Jerry Sloan a construit une équipe entière autour d'une seule action, exécutée mille fois par saison, à une précision de placement que personne n'a jamais atteinte depuis. La défense savait toujours ce qui arrivait et se faisait battre quand même.
Le Delta Center à plus de mille mètres d'altitude, un public discipliné et bruyant, une équipe qui ressemblait à un chantier bien tenu
Moments clés
Les matchs décisifs
Les moments qui ont scellé l'héritage.