01
1970–1973
New York
Knicks
Hit the Open Man
Personne n'était la star, c'était le principe
2
Titres
3
Années
8 mai 1970, Madison Square Garden, quelques minutes avant le septième match des finales. Willis Reed sort du tunnel en boitant.
Il a une déchirure à la cuisse droite. Il n'a pas joué le match précédent, que New York a perdu de vingt-deux points.
Il marque les deux premiers paniers de la rencontre. Puis plus rien de la soirée.
C'est l'image que New York a gardée, et elle est trompeuse. Ce n'est pas Reed qui a gagné ce match.
Walt Frazier a terminé avec 36 points et 19 passes décisives, l'une des lignes statistiques les plus complètes jamais produites dans un match décisif. Personne ne s'en souvient, parce que tout le monde regardait l'homme qui boitait.
C'est assez juste, au fond, pour une équipe bâtie sur l'idée que le mérite individuel n'est pas le sujet.
Red Holzman avait un seul commandement, répété jusqu'à l'usure : trouvez l'homme démarqué. Pas votre meilleur marqueur. Pas celui qui a la main chaude. Celui qui est libre.
Ça paraît banal aujourd'hui. À l'époque où la NBA fonctionnait au isolation et au poste bas, c'était une position presque idéologique, et ces Knicks l'ont imposée en battant successivement les Bullets, les Bucks d'un Kareem de vingt-trois ans, et les Lakers de Chamberlain et West.
Trois ans plus tard, avec Earl Monroe en plus, ils recommençaient contre les mêmes Lakers. Deux titres, et une manière de jouer qu'on enseigne encore.
Contexte
L'époque
New York n'avait jamais rien gagné au basket avant 1970.
C'était pourtant la ville du jeu : les playgrounds de Harlem et du Bronx produisaient depuis vingt ans les meilleurs joueurs du pays, et la ligue professionnelle y était restée une curiosité. Les Knicks existaient depuis 1946 sans jamais avoir été champions.
Le titre de 1970 a changé le statut du basket dans la ville.
Ce qui a suivi tenait moins au sport qu'à la sociologie. Cette équipe était un assemblage improbable : Bill Bradley sortait de Princeton et d'Oxford et deviendrait sénateur du New Jersey ; Walt Frazier portait des chapeaux à large bord et conduisait une Rolls, au point qu'on l'a surnommé Clyde d'après le film ; Dave DeBusschere venait du Michigan ouvrier et avait été entraîneur-joueur à vingt-quatre ans.
Rien ne les rapprochait sauf la manière de jouer.
C'est ce que New York a reconnu. Une ville qui se pense comme un assemblage de gens qui n'ont rien en commun a vu passer une équipe organisée sur exactement ce principe, et elle ne s'en est jamais remise.
Les Knicks n'ont plus rien gagné depuis 1973. Cinquante ans après, le Garden se lève encore quand Frazier entre en tribune.
Les joueurs
Les architectes
Les joueurs qui ont défini cette ère.
02
Walt Frazier
03
Dave DeBusschere
04
Bill Bradley
Philosophie
Le système
Le ballon ne s'arrêtait jamais dans les mains de personne. Red Holzman avait résumé son attaque en quatre mots, « hit the open man », et l'appliquait sans exception : le meilleur tir disponible appartenait à celui qui était démarqué, quel que soit son nom. En défense, une pression permanente sur le porteur, des mains partout, et Walt Frazier capable de voler un ballon sans que le public comprenne comment.
Le vieux Madison Square Garden, la fumée de cigare dans les travées, une ville qui découvrait qu'une équipe pouvait lui ressembler
Moments clés
Les matchs décisifs
Les moments qui ont scellé l'héritage.