Le basculement n'est pas un tir. C'est un rythme.
Pendant trois quart-temps, on ne voit pas grand-chose. Cleveland tient. Timofey Mozgov, le pivot russe que personne n'attendait là, marque à volonté dans une raquette laissée vide : il finira meilleur marqueur du match avec vingt-huit points. Les Cavaliers remportent le troisième quart-temps vingt-huit à vingt-deux et y croient encore.
C'est la dernière fois du match.
Ce que la death lineup fait à un adversaire ne se lit pas sur une action isolée, ça se lit sur la fatigue. Cinq joueurs qui switchent sur tout, donc aucun temps mort défensif. Cinq joueurs qui peuvent tirer, donc aucune aide possible. À chaque possession, LeBron doit créer seul, contre un défenseur frais, sur un terrain qui n'a plus de zones de repos.
Le dernier quart-temps se termine vingt-sept à douze.
Le détail qui dit tout, c'est Mozgov. Vingt-huit points, sa meilleure soirée en carrière, sur un plateau, sans aucune conséquence. Le jeu s'est déplacé là où il ne peut pas le suivre. Golden State n'a pas trouvé comment le défendre : ils ont décidé qu'il n'était plus important.
103-82. La série est à égalité.