21-22 après douze minutes. La série entière se joue à ce rythme : deux défenses parmi les meilleures de la décennie, et des scores que la ligue ne reverra plus.
Finales NBA 1994 - Match 7
Deux sur dix-huit
mercredi 22 juin 1994
Le seul septième match de finale de l'ère Ewing, et la soirée où le tir d'un homme a décidé de la place d'une équipe dans l'histoire.
84
New York Knicks
90
Houston Rockets
Statistiques
Performances clés
Patrick Ewing
New York Knicks
Hakeem Olajuwon
Houston Rockets
Visualisation
Les chiffres
Les stats qui racontent l'histoire.
Le contexte
Michael Jordan avait pris sa retraite en octobre 1993.
Pour New York, c'était l'ouverture qu'on attendait depuis quatre ans. Les Bulls avaient sorti les Knicks en 1991, 1992 et 1993, la dernière fois sur la séquence des quatre tirs contrés de Charles Smith sous le panier.
En 1994, la porte est enfin ouverte. New York élimine Chicago en sept matchs, puis Indiana en sept, et arrive en finale contre Houston.
La série va au septième match. Les deux équipes ont un pivot dominant, une défense étouffante, et aucune ne dépassera les 93 points sur les trois derniers matchs.
Le climax
Ce septième match n'a rien de beau.
New York marque 84 points, Houston 90. Le troisième quart-temps se termine sur un 18-17. Ce sont deux équipes qui savent exactement comment empêcher l'autre de jouer.
Hakeem Olajuwon est le meilleur joueur du terrain, comme il l'a été toute la série : 25 points, 10 rebonds, 7 passes, en défendant sur Patrick Ewing dans l'autre sens.
Et il y a John Starks.
Il tente 18 tirs et en marque 2. Onze tentatives à trois points, aucune réussie. Ce n'est pas un joueur qui se cache : c'est un joueur qui continue de prendre le tir parce que son entraîneur le laisse faire et parce qu'il l'a fait rentrer toute la série.
Pat Riley ne l'a pas sorti. Il s'en est expliqué pendant vingt ans.
L'héritage
Cette ligne de statistiques a suivi John Starks toute sa vie, et c'est une injustice de mémoire.
C'est lui qui avait marqué 27 points au sixième match pour ramener la série à Houston. C'est lui qui portait l'attaque quand Ewing était doublé. Une soirée à 2 sur 18 après six semaines de playoffs porte un nom, et ce n'est pas la lâcheté.
Pour New York, c'est le point le plus haut jamais atteint par cette équipe. Elle reviendra en finale en 1999, sans Ewing sur le terrain, et perdra en cinq.
Pour Houston, c'est le premier de deux titres consécutifs, gagnés pendant l'absence de Jordan, ce qu'on leur a reproché longtemps et à tort : Olajuwon a battu Ewing, Shaquille O'Neal, Charles Barkley, David Robinson et Karl Malone sur deux ans.
Les Knicks des années 90 restent la meilleure équipe de leur décennie à n'avoir jamais rien gagné. Six points les en séparaient.
Timeline
Moments clés
Les actions qui ont défini ce match.
17 points marqués par New York au troisième quart-temps, son plus faible du match. Houston ne fait guère mieux avec 18, mais garde l'avantage.
John Starks termine à 2 tirs réussis sur 18, dont 0 sur 11 à trois points. Il avait porté l'attaque de New York pendant deux semaines et Pat Riley l'a laissé sur le terrain jusqu'au bout.
Système : Ewing doublé, ressortie sur l'aile
C'est le système correct : Olajuwon oblige à donner à Ewing, la prise à deux arrive, et le tir ouvert revient à Starks. Le tir n'est pas mauvais, il ne rentre pas
Hakeem Olajuwon finit à 25 points, 10 rebonds et 7 passes. C'est sa série : sept matchs à défendre sur Ewing et à marquer sur lui.
90-84. Houston gagne son premier titre. New York reste la meilleure équipe de la décennie à n'avoir rien gagné.