SOTG
3

19811987

Boston
Celtics

The Big Three

Trois hommes qui n'avaient pas besoin de se parler

3

Titres

6

Années

Défiler

Larry Bird passait ses étés seul, dans l'Indiana, à tirer.

Il y a une histoire que ses coéquipiers racontent tous de la même manière : Bird arrivait au Garden trois heures avant le match, en tenue de ville, et tirait jusqu'à ce que le gardien vienne le chercher.

Ce n'était pas de la légende construite. C'était la seule explication disponible.

Parce que sur le papier, ce joueur n'aurait pas dû dominer sa décennie. Lent, sans détente, incapable de battre quiconque en un contre un par la vitesse. Ce qu'il avait à la place, c'était une lecture du jeu tellement en avance qu'elle ressemblait à de la triche, et des mains qui ne tremblaient jamais.

Boston l'a entouré en conséquence. Kevin McHale et son répertoire de mouvements au poste que personne n'a jamais réussi à copier. Robert Parish, sept pieds de constance silencieuse. Dennis Johnson, arrivé en 1983, le seul défenseur que Bird ait publiquement reconnu comme meilleur que lui à quelque chose.

Ces quatre-là ont joué ensemble six saisons et n'ont jamais eu besoin de lever la tête pour savoir où étaient les trois autres.

Le résultat tient en une ligne : trois titres, cinq finales en sept ans, et une saison 1986 à 67 victoires que beaucoup considèrent encore comme la meilleure jamais jouée par une équipe.

Ce qui a fini par les arrêter n'était ni Los Angeles ni Detroit. C'était le dos de Bird, les chevilles de Parish, et le fait qu'une équipe qui gagne par l'intelligence a besoin de corps pour l'appliquer.

Contexte

L'époque

On ne peut pas raconter ces Celtics sans parler de ce que Boston était en 1981.

La ville sortait d'une décennie de crise scolaire violente autour de la déségrégation par bus, des images d'émeutes qui avaient fait le tour du pays, et une réputation raciale qui lui collait à la peau. Les Celtics, équipe la plus titrée de la ligue, traînaient l'étiquette de l'équipe blanche.

C'était injuste et ce n'était pas complètement faux.

La franchise avait pourtant été la première à drafter un joueur noir en 1950, la première à aligner cinq titulaires noirs en 1964, la première à confier son banc à un entraîneur noir avec Bill Russell. Mais dans les années 80, avec Bird en couverture, le raccourci s'est imposé de lui-même.

La ligue en a fait un argument de vente, et c'est le point gênant de cette histoire.

Opposer Bird à Magic Johnson chaque printemps, c'était opposer deux styles, deux côtes, deux tempéraments. C'était aussi, pour une partie du public américain de l'époque, autre chose, et personne à la NBA n'a jamais eu intérêt à le dire clairement.

Les deux intéressés ont réglé la question eux-mêmes, en devenant amis pour le restant de leur vie.

Les joueurs

Les architectes

Les joueurs qui ont défini cette ère.

01

Larry Bird

02

Kevin McHale

03

Robert Parish

04

Dennis Johnson

Philosophie

Le système

Une attaque de poste bas à deux têtes, McHale et Parish, avec Larry Bird capable de jouer depuis n'importe quel endroit du terrain, y compris le poste haut où il passait comme un meneur. Tout reposait sur la lecture : ces Celtics voyaient la rotation défensive une seconde avant qu'elle arrive et la punissaient par la passe. Le contraire exact d'une équipe athlétique, et pendant six ans la meilleure du monde.

Le parquet en lattes du Boston Garden, la chaleur suffocante de juin sans climatisation, seize bannières au plafond et un public qui les comptait